 LA CIGOGNE |  | L'enluminure souvent associée à la décoration des manuscrits ne se cantonnait pas à ce rôle. Les animaux représentés étaient choisis pour les modèles de comportements qu'ils donnaient, intimement liés aux valeurs religieuses.
Philon, philosophe grec né à Alexandrie vers 20 avant J.C. fait l'éloge de la cigogne qui montre la perfection de la justice puisqu'elle nourrit ses parents en retour. Dès qu'elle commence à voler, elle ne se propose aucun devoir supérieur à celui de payer de retour les soins de ceux qui l'ont élevée".
Basile leGrand, Père de l'Eglise né en 329, voit en la cigogne un comportement admirable, car elle fait preuve de prévenance à l'égard de ses congénères plus âgés. Il pensait que cette attitude bienveillante suffirait à rendre les enfants, s'ils voulaient y prendre garde, affectueux envers leurs parents.
Il continuait son éloge en affirmant que les cigognes se réunissaient en cercle autour de leur père, dont la vieillesse faisait tomber les plumes, pour le réchauffer de leurs ailes.
Moïse Maimonide, médecin, théologien et philosophe juif, né à Cordoue en 1135, compare la cigogne à un homme pieux, car elle s'isole des autres volatiles. Elle n'apparaît dans les contrées habitées qu'à une période de l'année déterminée.
La conduite du mystique est tout à fait semblable, puisqu'il est toujours reclus, attristé, solitaire et affligé par la dépravation de l'humanité et son détournement de Dieu. Il préfère, alors, vivre dans la solitude pour se consacrer au culte. |
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